Le monde de la Sécurité des Systèmes d’Information évolue et change à la vitesse de notre siècle. Nous avons intégré la pluralité des facteurs à prendre en compte pour nous renforcer. Nous avons accepté, par exemple, que le risque climatique (cf. la fermeture des espaces aériens depuis la colère des volcans Montserrat et Islandais) nous intéressait tout autant que les pannes d’électricité pour la sécurité de nos réseaux et de nos systèmes. Certes, mais sommes-nous aujourd’hui capables d’évaluer le véritable niveau d’intégration de cette culture du pluriel dans nos approches, nos méthodes et nos techniques de prévention ? Premier débat.
En outre, le multiculturalisme des technologies qui pointent le bout de leurs nez sur notre marché français est encore trop timidement abordé. Oui, les technologies israéliennes, longtemps voilées d’un halot de mystère pour ne pas dire de crainte, nous intéressent enfin ouvertement. Mais que se passe t-il en Espagne, au Portugal, en Italie, en Chine et au Mexique ?… Tout cela reste à découvrir.
Autre débat : le droit international, la lutte contre la cybercriminalité dans d’autres coins du monde que de notre pré carré. Merci, Myriam Quéméner, merci Christiane Féral-Schuhl, membres actifs de notre cercle, de vous intéresser à ce vaste domaine et de poursuivre la lutte au-delà des frontières en posant de vraies questions, en osant vous confronter aux murailles des lois qui ne parlent que trop peu d’elles et d’aborder l’impérieuse nécessité d’élasticité dont nous aurions besoin pour progresser… rapidement…
Autre débat, posé par le FIC tout à fait récemment, extraordinairement médiatisé par Véronique Loquet (982 retours presse), spécialiste de la communication en notre communauté professionnelle : la Gendarmerie et la Police, partenaires principaux du combat qui s’étend de la lutte contre la fraude à la protection de la nouvelle génération : j’ai cité les mineurs, parfois proies et victimes sur le net ; sont-ils armés intellectuellement et techniquement pour une lutte efficace ?
Un progrès : la SSI Santé pose d’autres problèmes. Il faudra maintenant s’intéresser aux industriels qui dosent les produits à l’aide de prothèses informatiques… Quels risques pour les dosages ? Quel niveau de développement du Hacking biologique ?
Puis, quid des couplages de techniques pour la protection de nos systèmes incluant la biométrie, largement plus développés dans d’autres pays que le nôtre ? Puis, où en sommes-nous dans le dessin du panorama des cyberguerres qui pourraient absorber d’un coup d’un seul beaucoup de nos activités, testant par voies de conséquences toutes nos capacités de résilience ? Quelle est la cartographie des écoles françaises, européennes et internationales qui se créent pour former les bataillons de cyberprofessionnels qui maintiendront les équilibres, écrivant la suite de l’histoire de la SSI, encore très fortement ancrée dans sa période formative ? Où en sont les communautés de Digital Natives fortement impliqués dans les nouvelles configurations de nos mondes virtuels ?
Mais également : comment peut-on faire disparaître à tout jamais les données qui décrivent des pans de nos vies et de nos actes si nous désirons, subitement, de vivre une autre existence ? Y a t-il une archéologie de l’information ? Comment et dans quels lieux toutes ces informations se dissémineront-elles ? Pour atteindre qui ? Quoi ? Et pourquoi ?
Enfin, que se passe-t-il dans le ciel technologisé et dans ses forêts célestes et métalliques d’installations informatiques qui soutiennent nos systèmes terrestres ? A quoi ressemble l’espace de support informatique avec ses satellites et toutes ses installations qui stockent nos informations ?
Isabelle Tisserand. Coordinatrice du Cercle Européen de la Sécurité et des Systèmes d’Information
© Isabelle Tisserand. Coordinatrice du Cercle Européen de la Sécurité et des Systèmes d’Information