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« Hackers 2 » : Simon Shandor, cinéaste historien du vivant, tourne un deuxième épisode pour la sécurité des systèmes d’information par Isabelle Tisserand


Monaco, octobre 2008. Les premières journées de conférences viennent de se dérouler dans le plus grand sérieux. Surgit alors le cinéaste hongrois Simon Shandor, dans les décors monégasques, à la fois tous emprunts des technologies dont on ne cesse de parler depuis quelques jours, mais aussi des embruns et des paysages côtiers déchirés qu’il ne manque pas de capturer dans son viseur.
On y parle de robustesse des systèmes et du monde informatisé qui est le nôtre. Le cinéma vient nous interroger sur sa fragilité et son éphémère substance.
S’en suivent des séries d’interviews organisées par Véronique Loquet, spécialiste de la communication en sécurité des systèmes d’information, d’abord pour le Cercle Européen, puis pour les citoyens puisque le film est projeté sur les ondes.

Une distribution détonante convoquée pour le premier épisode permet une compilation de lectures aussi diversifiées les unes que les autres sur le vaste sujet des hackers. Que sont-ils devenus depuis l’époque de Arpanet ? Quels visages ont-ils ?, que veulent-ils et surtout que disent-ils ? « Hackers », le premier film d’une série à venir, arrive judicieusement à nous éclairer mais aussi à nous troubler par la fascinante diversité des propos et des idées qui surgissent de ce « 52 minutes » finement monté, d’une modernité absolue, éclairant autant qu’il perturbe parce qu’il n’apporte pas la réponse mais autant de réponses que de questions. Un va et vient entre les experts sécurité des systèmes d’information et les dialogues de hackers -qui ont bien voulu témoigner- donne une palette de facettes qui brillent autant les une que les autres, comme une boule de boîte de nuit disco, par leurs pertinences.

« Hackers », c’est un documentaire qui renseigne clairement et relève aussi de la fiction tellement les images sont fortes, et si vraies qu’elles nous propulsent dans une réflexion sur l’avenir pour lequel nous n’avons pas encore de réponses. C’est aussi l’un des premiers film qui parle avec humanité de la génération des digital natives en posant la question de leur existence dans le monde de la sécurité mais aussi -et simultanément- dans celui de la cybercriminalité qui ne cesse de se développer. Le cinéaste nous montre ici combien l’hyper informatisation modifie les comportements physiques, psychiques et sociaux et fait parler des maux de cette génération du numérique.
L’œuvre de Simon Shandor fait définitivement éclater l’intangible vérité binaire sur laquelle se fondent trop d’analyses. Le hacking et toutes ses techniques de dissection d’un ordinateur sert à faire bien et mal. Le hacker n’est ni bon, ni méchant. Il possède un savoir faire qui peut, selon son choix, construire (on l’appelle alors auditeur des systèmes d’information, expert en sécurité) ou détruire (on l’appelle alors cybercriminel) Le film pose en images les grandes questions inhérentes à cette première décennie en matière de protection des patrimoines. En résumé : la pérennité de l’interdépendance de quasiment toutes nos activités privées, professionnelles, sociales, médicales, économiques, politiques, etc. s’ancre dans notre utilisation addictive des systèmes informatisés. Oui, mais sous le contrôle de qui ?

N’en finissant pas de découvrir ce monde complexe, étrange et inexorablement vital, Simon Shandor tourne actuellement le deuxième épisode d’un historique qu’il faut mémoriser avec  technique, science et art.
Car maintes questions restent en suspens. Les cyberguerres sont-elles l’avenir des peuples ? Comment expliquer la récente émergence des cyberwarriors ? Quelle éducation donner aux petits d’hommes pour qu’ils se servent intelligemment de tous les moyens numériques présents et à venir ? C’est avec le témoignage des meilleurs spécialistes mais aussi par la mêlée de disciplines nouvelles que sera abordé ce deuxième volet d’une compilation inédite et artistique. D’ailleurs, le film Hackers, une production de Yenta Production, est au musée informatique français : une preuve de plus en faveur de l’impérieuse nécessité d’étudier le phénomène… sous tous ses angles de vues…

En savoir plus :
http://blog.museeinformatique.fr/HACKERS-de-Simon-Shandor-sur-Trace-TV_a234.html
http://www.cinemashorscircuits.com/site.php?type=P&id=240
www.yentaproduction.fr

Site : www.lecercle.biz

© Isabelle Tisserand. Coordinatrice du Cercle Européen de la Sécurité et des Systèmes d’Information