Une étude réalisée dans 19 pays montre que beaucoup d'entreprises ont perdu des données personnelles. Néanmoins, rares sont celles qui mettent en place des vrais plans d'action pour éviter ce genre d'incident. Voici des informations qui ne devraient pas renforcer la confiance des consommateurs envers les entreprises.
En effet selon une étude croisée réalisée auprès de 5500 dirigeants d'entreprises et 15 500 consommateurs dans 19 pays et portant sur la sécurité des données personnelles, il s'avère que 58% des entreprises ont connu au moins un incident relatif à la sécurité des données personnelles de leurs clients dans les deux dernières années. Pour les entreprises françaises, le taux atteint même 60% ! Si la plupart se déclarent sensibles au problème, beaucoup de dirigeants reconnaissent aussi qu'il s'agit là d'un problème récurrent. Certes, comme le montre l'enquête (menée par the Ponemon Institute pour Accenture), le tableau n'est pas complètement noir puisque 73% des chefs d'entreprises affirment que des mesures de protection adaptées sont déjà en place (ils sont 79% en France). Mais cette politique a ses limites puisque 45% des sondés refusent catégoriquement que les clients disposent d’un droit de regard sur le type d’informations recueillies à leur sujet et 47% sur la façon dont ces informations sont utilisées.
De même, près de la moitié des dirigeants ne jugent pas important de limiter la collecte ou le partage des données client personnelles et sensibles. ils n'estiment pas non plus nécessaire de protéger le droit à la vie privée des consommateurs ni même de les prévenir en cas de pertes ou de vols de données. Ce comportement est d'autant plus aberrant que, note l'étude " les pertes de données ont essentiellement des causes d’origine interne – problèmes qu’une entreprise est censée être en mesure de détecter et de corriger". Les facteurs les plus fréquemment cités sont les pannes opérationnelles ou informatiques (57 %), suivies de la négligence ou de l’erreur humaine (48 %). Seuls 18 % des incidents de sécurité constatés seraient dus à la cybercriminalité.
La perception est bien différente du côté des consommateurs : 70% des personnes interrogées jugent important de préserver la confidentialité des données les concernant. Par ailleurs, 53 % des clients estiment avoir un droit de regard sur l’usage réservé à leurs informations personnelles et considèrent qu'ils devraient pouvoir accéder et modifier les données recueillies et utilisées par les entreprises (ils sont 81% en France à le penser). Mais les consommateurs ne sont pas dupes puisque seuls 42 % doutent que les mesures déployées par les entreprises suffisent à protéger avec efficacité leurs données d’identification personnelle. Et 41% d'entre eux (49% dans l'hexagone) estiment "qu'il appartient essentiellement à l’administration de veiller à la protection adéquate de l’information".
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© Florence Puybareau, journaliste